Sommaire

  1. Les chiffres du marché de la formation professionnelle 2024 en France
  2. Les tendances du marché de la formation en France en 2024

Le monde de la formation est en perpétuel renouvellement, au rythme des diverses réformes législatives, des évolutions des attentes des apprenants et de l’adoption des nouvelles technologies.

C’est pourquoi, que vous travailliez dans un organisme de formation ou le pôle formation d’une entreprise, vous devez vous tenir au courant de ces mutations. Une analyse du marché de la formation professionnelle régulière vous permet d’assurer la montée en compétences de vos équipes et d’assurer la compétitivité de votre organisation. Dans ce dossier, plongez en profondeur dans les enjeux, les chiffres et les tendances du marché de la formation professionnelle en 2024.

Le marché de la formation en chiffres

À la fin de l’année 2023, on dénombre 122 682 organismes de formations en France d’après la liste publique des organismes de formation du Ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion.

Le chiffre d’affaires des organismes de formation est en hausse

En 2022, le chiffre d’affaires des organismes de formation a progressé de 10,6% pour atteindre 27,6 milliards d’euros. On peut expliquer 60% de cette augmentation par l’aide exceptionnelle accordée par le gouvernement à l’apprentissage.

 

Formation professionnelle et CPF

D’après les chiffres de la DARES, on dénombre 1 851 200 entrées en formation via le CPF (Compte Personnel de Formation) en 2022, soit une baisse de -6,6 % par rapport à 2021.

On note également une forte progression des formations à distance avec plus de la moitié des formations CPF commencées en 2022 se déroulant à distance (51,5 %).

À la fin 2022, 16 300 organismes de formation sont référencés dans le CPF, pour près de 200 000 formations accessibles via le portail Mon Compte Formation, à un prix moyen de 2250 euros d’après la synthèse du rapport annuel 2022 de la gestion administrative, comptable et financière de Mon Compte Formation.

Le nombre d’organismes de formation présents sur Mon Compte Formation est donc bien moins élevé que l’année dernière, passant de 20 300 à la fin 2021 à 16 300 à la fin 2022.

La dépense des organismes publics pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage est en hausse

Intéressons-nous désormais au financement de la formation professionnelle par les organismes publics. On constate qu’en 2022, la dépense cumulée des différents financeurs (OPCO, Etat, Régions, Collectivités locales, France Travail, etc.) atteint 31,8 milliards d’euros, soit 11,7% de plus que l’année dernière, et même 50% de plus qu’en 2018.

En 2022, les OPCO (OPérateurs de COmpétences) sont toujours les principaux financeurs de la formation professionnelle continue et de l’apprentissage en France avec quasiment 11 milliards d’euros dépensés, soit 34,4 % de la dépense nationale d’après les informations de l’Annexe au projet de loi de finances pour 2024 .

Cette augmentation très nette de la dépense nationale pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage, par rapport au niveau d’avant-Covid, s’explique en grande partie par les politiques de subvention étatiques, notamment en direction des jeunes et de l’apprentissage.

Et si l’on s’intéresse aux publics destinataires de la dépense, les jeunes apparaissent en effet comme les principaux bénéficiaires de la hausse. Ils reçoivent en 2022 près de 14 milliards d’euros des différents financeurs, soit presque deux fois plus de fonds qu’en 2020 avec 7,3 milliards d’euros, d’après le rapport sur les dépenses pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage de l’INSEE. Viennent ensuite les demandeurs d’emploi avec une hausse de la dépense de 30% en 2 ans, passant de 7,5 à 9,75 milliards d’euros. La part de la dépense destinée aux actifs occupés du privé a, quant à elle, augmenté de 37% en 2 ans, pour atteindre 6,75 milliards d’euros en 2022. Notons cependant, que la dépense destinée aux jeunes et aux demandeurs d’emploi bénéficie également pour une grande part aux entreprises et aux salariés, sous la forme de contrats d’apprentissage et de professionnalisation.

France Compétences a fait part de ses intentions d’investir plus de 15,1 milliards d’euros dans la formation en 2024, dont notamment :

  • 10,4 milliards pour les formations en alternance
  • 2,2 milliards pour le Compte Personnel de Formation
  • 800 millions pour la formation des demandeurs d’emploi

Les tendances du marché de la Formation en France en 2024

Fort de ces chiffres de la formation professionnelle en 2024, vous voilà prêt à plonger dans l’univers des tendances de ce marché pour l’année.

Où en est la formation digitale ? Qu’en est-il de la qualité des formations délivrées ? Comment les entreprises s’organisent-elles pour former leurs collaborateurs ? Quel impact sur l’emploi en France ?

Focus sur les tendances du marché de la formation en France pour cette année.

Une année où les académies d’entreprise vont se multiplier

En septembre 2018, l’État a mis en place la Loi Avenir Professionnel. Avec elle, se déploie un cadre réglementaire qui a permis de multiplier les centres de formation au sein des grands groupes ces dernières années. On appelle traditionnellement ces écoles internes académies d’entreprise ou encore universités d’entreprise.

Rappelons cependant que les régions ne disposent plus de la compétence apprentissage qui est désormais partagée par France Compétences au niveau national et par les branches professionnelles, au travers de leurs opérateurs de compétences les OPCO (anciennement OPCA).

Tous les organismes de formation avec une formation par apprentissage peuvent mettre en place une académie d’entreprise en partenariat avec une société, sans autorisation ni conventionnement régional. Ces établissements peuvent avoir un calendrier totalement libre d’entrée et de sortie permanente, à n’importe quel moment dans l’année. Un jeune qui signe un contrat d’apprentissage permet à l’organisme de formation d’obtenir un financement par la branche ou par France Compétences. Ces CFA maison sont souvent hors les murs et la mise en œuvre des cours est confiée à des structures partenaires.

Ces dernières années, bon nombre de grands groupes ont lancé leurs universités d’entreprise, pour internaliser la montée en compétences de leurs collaborateurs et former de futurs partenaires, prescripteurs ou recrues.

Orange : En septembre 2018, l’opérateur téléphonique créé “L’École de la Data”, visant à former 35% de ses effectifs soit 36 000 collaborateurs au bon usage des données. Le parcours de formation se déroule en 16 jours, à la fin duquel les apprenants reçoivent une certification. Le parcours se décline en modules présentiels et à distance, conçus sur-mesure pour les différents types de salariés à former.

Groupe Nicollin : À la rentrée 2019, le groupe a lancé son propre centre de formation, la N Académie. L’activité du CFA a commencé par une section BTS Métiers des Services à l’Environnement et a obtenu en 2021 la certification QUALIOPI. En 2022, le dispositif a formé 830 personnes, grâce à une pédagogie active, en formation hybride et pratique.

Les Chantiers de l’Atlantique : En novembre 2019, le groupe a créé L’École Chantiers de l’Atlantique, en partenariat avec l’AFPA de Cherbourg. Les parcours qualifiants de cette école sont destinés à des apprenants souhaitant se former aux métiers de soudeur et de charpentier métallique. Ils s’articulent autour de connaissances théoriques et de mises en pratique, notamment via des simulateurs virtuels qui peuvent reproduire les conditions de travail de l’entreprise.

L’Oréal : Début 2020, le groupe ouvre sa première école de coiffure, REAL Campus by L’Oréal qui propose aux titulaires de BP Coiffure ou de jeunes titulaires d’un baccalauréat, un bachelor Coiffure & Entrepreneuriat avec différents parcours : un parcours de mise à niveau technique de quatre semaines ou un parcours entier de formation en trois ans.

Schneider Electric : En septembre 2020, le groupe a ouvert son lycée et centre de formation d’apprentis Schneider Electric. Elle forme des étudiants de la seconde jusqu’à la licence, aux métiers techniques de la transition énergétique et de l’industrie. L’école se focalise sur un accompagnement rapproché, grâce à de petits effectifs de classe et à un enseignement assuré par les professionnels de l’entreprise.

CFA des Chefs : Ce CFA dédié aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration a été fondé en septembre 2020 par plusieurs entreprises : Accor, Adecco, Disneyland Paris, Clariane et Sodexo. Il promet aux jeunes apprenants une formation diplômante en alternance de un ou deux ans, suivie d’un poste en CDI dans l’un des six groupes partenaires du CFA.

TotalEnergies : Fin 2020, le groupe TotalEnergies lance L’Industreet : son propre campus de formation pour les 18-30 ans. Les formations techniques qui y sont dispensées permettent de former les apprenants aux différents métiers de l’entreprise : conducteur sur une ligne de production automatisée, technicien de maintenance, développeurs no-code, technicien BIM modeleur, etc.

Renault : En 2021, le groupe a lancé sa ReKnow University pour faire face à l’évolution de ses métiers face aux nouveaux enjeux écologiques, réglementaires et de consommation du secteur automobile. Ses parcours pédagogiques s’adressent à la fois aux salariés du groupe, mais aussi aux salariés des partenaires industriels et technologiques de la filière, aux jeunes en formation initiale, aux salariés en reconversion professionnelle ainsi qu’aux demandeurs d’emploi.

En 2024, on peut prédire que ce sont maintenant les PME qui vont s’emparer massivement du dispositif et créer leur école interne. Quelques initiatives récentes commencent d’ailleurs déjà à émerger :

HRS : En septembre 2023, Hydrogen Refulling Solutions (HRS) lance la HRSchool, soit un programme de formation dédié à ses nouvelles recrues sur les postes en tension et à ses managers. Alliant formation technique en présentiel et à distance, mise en pratique en atelier et tutorat, ses parcours de formation sur-mesure ont déjà accueilli 15 nouveaux collaborateurs et trois sessions sont ouvertes sur l’année.

Atawey : En janvier 2024, Atawey annonce la création de son Atawey Academy. L’objectif, dans un premier temps, est de former tout au long de l’année les nouveaux collaborateurs et de favoriser la transmission des savoirs dans l’entreprise. À terme, Atawey compte former les équipes des différents porteurs de projets et partenaires avec lesquels l’entreprise collabore.

L’année de la banalisation des usages du numérique

Ces dernières années, la digitalisation de la formation professionnelle a gagné rapidement du terrain, pour maintenant s’imposer comme un mode de formation indispensable.

C’est la formation hybride qui domine désormais le marché de la formation professionnelle. Ce mode de formation consiste à déployer des parcours de formation qui incluent à la fois du présentiel et des modules en ligne, digitalisés via une plateforme d’e-learning. Les apprenants peuvent ainsi suivre leur parcours de manière personnalisée, via des modules digitaux qui correspondent à leurs besoins spécifiques.

Cette tendance de la formation hybride se développe car elle permet aux apprenants de bénéficier de parcours de formation plus flexibles, plus adaptés à leurs plannings, mais aussi aux pôles et organismes de formation de réduire significativement leurs coûts.

Ce type de formation est désormais perçu par la plupart des apprenants comme la norme. Retrouvez quelques conseils pour bien gérer un programme de formation hybride dans notre dernier article

Les outils de la formation en 2024

Il est indispensable aujourd’hui pour les gestionnaires formation de se doter des bons outils pour mener à bien leurs actions de formation, que ce soit pour du présentiel, du digital ou de l’hybride.

En 2024, deux types d’outils se démarquent au sein de la Learning Stack :

Le LMS (Learning Management System) : Il s’agit d’un logiciel qui permet de gérer une plateforme de formation en ligne, en y créant et diffusant ses modules de formation et ses parcours pédagogiques e-learning.

Le TMS (Training Management System) : Il s’agit d’une plateforme pour gérer l’organisation des parcours de formation des apprenants (présentiel, distanciel, hybride, blended). Un TMS va ainsi proposer des fonctionnalités telles que la planification des sessions, la gestion des ressources pédagogiques (formateurs, salles…), la gestion du budget formation, la collaboration au sein des équipes et l’automatisation de la gestion administrative (envoi des convocations, des factures…).

Vous souhaitez faire le point sur vos process en place et en savoir plus sur ce qu’un TMS peut vous apporter, que vous soyez en entreprise ou un organisme de formation ? Demander une démonstration gratuite en cliquant ici.

IA, adaptive learning et formation professionnelle

En 2023, une innovation a agité le monde de la formation professionnelle: l’Intelligence Artificielle.

Outre les gains de temps dont les responsables formation peuvent bénéficier grâce à l’IA, en automatisant certaines tâches, notamment la création de supports pédagogiques, la promesse de cette nouvelle technologie est de permettre de personnaliser encore plus les parcours de formation de chaque apprenant.

C’est là que la tendance de l’adaptive learning prend tout son sens. Cet apprentissage adaptatif consiste à laisser l’IA sélectionner les éléments pédagogiques qui correspondent précisément au profil et aux besoins de montée en compétences de la personne concernée.

Pour une entreprise, l’adaptive learning s’avère particulièrement intéressant car cette technique permet de cibler les manques de compétences des employés dans certains domaines et de stimuler leur engagement en personnalisant leur formation pour combler les lacunes identifiées.

D’ailleurs, l’adaptive learning a déjà fait ses preuves dans de grandes entreprises, telles que Monoprix, Crédit Agricole ou encore Burger King. Dans la maison du Whopper, l’adaptive learning entre en jeu dès l’onboarding des collaborateurs, l’IA détecte à quel profil correspond le mieux la nouvelle recrue parmi les vingt profils définis par les équipes des ressources humaines, pour adapter au mieux son parcours d’intégration à ses besoins réels.

La formation en réalité virtuelle ou augmentée

En 2024 la réalité virtuelle s’intègre de plus en plus dans les programmes de formation professionnelle.

La réalité virtuelle consiste à projeter l’apprenant dans un environnement virtuel qui ressemble à celui dans lequel il travaille, pour mettre en pratique les nouvelles compétences qu’il développe au cours de la formation.
La réalité augmentée est assez similaire à la réalité virtuelle, à cela près que l’apprenant voit se superposer sur l’écran l’environnement dans lequel il se trouve et des éléments virtuels (sons, images en 2D ou 3D, vidéos, textes).

Ces deux modalités de formation digitale permettent une mise en pratique des apprentissages théoriques et un plus grand engagement des apprenants afin de stimuler leurs facultés cognitives.

Le mobile learning : une tendance de formation devenue essentielle

Depuis quelques années déjà, le mobile learning, soit l’apprentissage accessible sur smartphone ou tablette, s’intègre aux parcours de formation des organismes de formation et des entreprises. Et pour cause, plus de la moitié des connexions sur Internet se faisant désormais sur mobile, il est crucial que le marché de la formation professionnelle en France s’adapte aux attentes des nouvelles générations.

Il ne s’agit pas uniquement d’adapter le support pédagogique à la consultation sur mobile ou tablette. Pour proposer une formation en mobile learning, les gestionnaires de la formation doivent également rendre le parcours plus ludique, grâce à un storytelling et une véritable gamification, soit des mécaniques rapprochant la formation d’un jeu.

Par exemple, bon nombre de responsables formation décident de mettre en place des systèmes de points, de badges, de classements ou de niveaux, pour transformer la montée en compétences en challenge stimulant.

Pensez également à mettre en place un système de révision tenant compte de la courbe de l’oubli avec des formats courts dans le cadre de parcours en mobile learning afin de favoriser la mémorisation des connaissances et des compétences à long terme.

En effet, les bénéfices du mobile learning ne sont plus à prouver :

  • Il améliore la formation d’apprenants nomades, comme les commerciaux terrain ou les vendeurs.
  • Il facilite le fast learning, grâce à des formats consultables “sur le pouce”, comme des vidéos ou des modules e-learning courts.
  • Il booste l’engagement apprenant, grâce à une gamification stimulante.

Autant de tendances dont vous pouvez vous inspirer pour aller au plus près des innovations pédagogiques qui augmentent l’efficacité et l’attractivité de votre offre de formation.

Training Orchestra permet d’améliorer la planification, d’optimiser la gestion financière et d’automatiser les tâches administratives pour plus de productivité.

Planifiez une Démo

Une année de renforcement des contrôles de la qualité des formations CPF

Pour l’année 2024, le Gouvernement renforce la priorité accordée à la qualité de la formation professionnelle. Son objectif est de bâtir la nation des compétences, pour pouvoir affronter les enjeux économiques, écologiques, numériques et démographiques auxquels le pays est confronté.

Le 28 décembre 2023 a été promulgué un décret qui vient renforcer le système de contrôle des formations professionnelles proposées en France. Il mentionne que :

  • Les organismes certificateurs de la marque Qualiopi devront transmettre un bilan annuel de leur activité au ministère de la formation professionnelle, à l’instance nationale d’accréditation et à France Compétences.
  • Le contrôle de la qualité des actions pédagogiques va pouvoir être coordonné entre les acteurs qui les financent : opérateurs de compétences, associations de transitions professionnelles, État, régions, Caisse des dépôts, France Travail et AGEFIPH.
  • Ces mêmes acteurs pourront réaliser des contrôles plus approfondis en cas de signalement ou d’anomalies concernant les formations qu’ils financent.

Notez que ce dernier point concerne également les formations en apprentissage. Dans ce cadre de formation, si ces contrôles s’avèrent révéler des dysfonctionnements, les OPCO pourront ensuite refuser de nouvelles prises en charge tant qu’ils ne seront pas résolus, voire faire des signalements à l’inspection du travail s’il y a un souci vis-à-vis de l’exécution du contrat de travail d’un apprenti.

Pour renforcer la qualité du marché de la formation professionnelle, l’État a également promulgué un décret prévoyant un encadrement plus strict de la sous-traitance par les organismes de formation, pour réguler le CPF. Ce décret entrera en application en avril 2024.

Ses objectifs sont multiples :

  • Responsabiliser les organismes de formation sur la qualité de leurs sous-traitants, ils devront s’assurer d’avoir recours à la sous-traitance de manière maîtrisée et responsable.
  • Mettre fin au portage Qualiopi. Pour faire appel à un organisme de formation sous-traitant, il faudra que celui-ci détienne les mêmes certifications et habilitations que celui référencé sur Mon Compte Formation.
  • Préciser et renforcer les critères que doivent remplir les organismes pour être référencés sur la plateforme.

Par ailleurs, fin 2023, Olivier Dussopt alors ministre du Travail, assurait que “la participation des bénéficiaires du Compte Personnel de Formation au financement de leurs formations sera forfaitaire et de quelques dizaines d’euros seulement, avec des exceptions”. Il est donc fort probable qu’un reste à charge pour les bénéficiaires soit mis en place au cours de l’année 2024.

L’année de la valorisation des acquis de l’expérience

2024 sera également l’année où le marché de la formation professionnelle verra la validation des acquis de l’expérience enfin structurée.

Le 27 décembre 2023 était créé France VAE : un nouveau service public visant à simplifier et à accélérer la reconnaissance des acquis de l’expérience. Il met en place un guichet unique, qui regroupe 50 acteurs institutionnels de la VAE, parmi lesquels les Régions, les certificateurs, les branches professionnelles et France Travail.

Pour commencer, le gouvernement proposait 200 certifications, dans six secteurs prioritaires :

  • La santé
  • Le sanitaire
  • Le social
  • La grande distribution
  • La métallurgie
  • Le sport

Ainsi, depuis juin 2023 et au cours des trois prochaines années, la VAE inversée est testée. L’idée est de pouvoir intégrer au contrat de professionnalisation des actions qui permettent de valider une VAE. L’objectif final étant de favoriser l’accès à la certification et à l’insertion professionnelles dans les secteurs rencontrant des difficultés particulières de recrutement.

Autre évolution intéressante du marché de la formation professionnelle en 2024 : le dispositif Compétences Validées, généralisé en janvier 2024. Il permet aux apprenants de faire certifier leurs compétences concrètes et leur savoir-être professionnel par leurs anciens employeurs afin de valoriser leur profil et trouver plus aisément un emploi.

Une année d’investissement dans la transition écologique

En 2024 plus que jamais, la Responsabilité Sociétale des Entreprises est sur le devant de la scène.

Hausse du coût des matières premières, attentes grandissantes des français et notamment des nouvelles générations en matière d’éco-responsabilité, engagements pris au niveau national et européen par le gouvernement, tout tend à pousser les acteurs de la formation professionnelle à s’engager dans la transition écologique.

Pour rester compétitifs en 2024 et dans les années à venir, les organismes de formation devront investir massivement dans la rénovation énergétique de leurs bâtiments afin de réduire leur impact carbone en revoyant leurs processus de formation.

Pour ce faire, la Cour des Comptes recommande dans son rapport “L’enseignement supérieur face au défi de la transition écologique” de :

  • S’assurer de l’application de l’article 55 de la loi Grenelle, c’est-à-dire l’établissement d’un schéma directeur consacré au développement durable, en l’assortissant d’un suivi budgétaire.
  • Harmoniser les méthodes d’élaboration des bilans des émissions de gaz à effet de serre et s’assurer que ces bilans sont bien réalisés.
  • Rendre plus efficace le référentiel développement durable et responsabilité sociétale.
  • Mettre en place un tableau de bord pour mesurer les progrès en matière de transition écologique et le partager avec le ministère et les établissements d’enseignement supérieur.
  • Nommer un ingénieur pédagogique consacré à la transition écologique dans chaque établissement.
  • Booster l’intérêt des personnels de l’enseignement et des étudiants pour la cause écologique via des actions de sensibilisation.
  • Réaliser systématiquement un bilan d’émission de gaz à effet de serre dans les laboratoires de recherche, ainsi qu’un plan d’action développement durable spécifiquement conçu pour eux.
  • Améliorer les dispositifs de régulation du chauffage.
  • Examiner la possibilité de restructurer les bâtiments pour économiser de l’énergie à l’occasion de la révision des schémas pluriannuels de stratégie immobilière.

Si le rapport de la Cour des Comptes se focalise sur les établissements d’enseignement supérieur, l’ensemble des organismes de formations sont concernés par ces problématiques auxquelles les nouvelles générations sont particulièrement sensibles.

L’année du plein emploi ?

Fin 2023 est promulguée la loi pour le plein emploi, un symbole majeur à l’heure où le chômage a augmenté au troisième trimestre 2022 de 0,2 point, pour atteindre 7,4% de la population active en France (hors Mayotte).

Ainsi, au premier janvier 2024, les noms des grandes organisations liées au monde de la formation professionnelle changent :

  • Pôle Emploi devient France Travail
  • Les missions locales deviennent France Travail Jeunes
  • Cap Emploi devient France Travail Handicap

Mais il ne s’agit pas uniquement d’un changement de nomenclature. Les organismes vont désormais travailler conjointement, avec les mêmes processus et des logiciels communs, le tout sous la responsabilité de France Travail dans le cadre du Réseau pour l’emploi dont l’objectif est d’assurer le partage des inscriptions, des diagnostics et des suivis des demandeurs d’emploi afin de viser le plein emploi.

Qui plus est, France Travail reprend le pilotage du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC), dans lequel le gouvernement affirme vouloir continuer à investir de manière conséquente au cours de l’année.

Pour stimuler l’emploi en France, le gouvernement revoit également :

  • Les conditions d’accès au RSA. Les chômeurs de longue durée en bénéficiant ont désormais l’obligation de s’inscrire à France Travail. Quant à la nécessité d’effectuer au moins 15 heures d’activité hebdomadaire pour percevoir cette aide, elle est pour l’heure repoussée à 2025.
  • L’accueil de la petite enfance, qui est renforcé grâce à une obligation de mettre en place un relais petite enfance pour les communes de plus de 10 000 habitants au plus tard en 2026 afin de favoriser l’emploi des femmes.

Ces mesures suffiront-elles pour que la France atteigne le plein emploi, soit un taux de chômage inférieur à 5% ? Seul l’avenir nous le dira !